Les grains de sel, supermarché coopératif

logoGDSMettre son grain de sel dans l’univers fade et pourtant carnassier de la grande distribution, tel est le dessein savoureux du supermarché coopératif « Les grains de sel » situé non loin du métro Tolbiac dans le 13e à Paris. Le principe est le suivant : d’un côté on acquiert des parts dans la coopérative Les Grains de Sel à hauteur de 100€ (ramenés à 10€ pour les personnes en difficulté) et l’on donne trois heures de son temps dans le mois pour prêter main forte aux quatre salariés; en contrepartie, on a accès au supermarché et à la note on ne peut moins salée qu’elle délivre en caisse. Les décisions sont collectives, notamment sur le choix des produits proposés à la vente: pas de tabou mais de la discussion voire de l’éducation… Ce dispositif est éprouvé depuis des années par La Louve dans le 18e, avec un franc succès.

J’ai été approchée sur le marché Blanqui cet été par Julie, une des quatre salariés, très convaincue elle-même. La semaine suivante j’assistais à une réunion incontournable, présentée par Adrien et Sébastien les deux initiateurs infatigables du projet, et signais mon chèque d’adhésion. À partir de là j’ai donné mes trois premières heures un dimanche après-midi pour distribuer des tracts sur la brocante de la Butte-aux-Cailles, ceci afin de grossir nos effectifs, autour de 600 personnes pour l’instant.

Le 18 octobre dernier avait lieu la pré-inauguration, l’occasion de nous réunir et de rencontrer les partenaires associatifs (Jean Bouteille pour le conditionnement en vrac des liquides, Nature et Progrès acteur historique de l’agriculture bio, Les Paniers bio du Val de Loire…) mais aussi institutionnels. Nous avons eu le droit à une visite guidée du supermarché qui prend tournure avec ses armoires réfrigérées et ses équipements high-tech. Un jour prochain de novembre, nous devrions même y faire nos courses…

 

Papier se conjugue au futur

Papier : je papie, tu papies, il/elle ne perd pas pied, nous papillonnerons encore et toujours, nos papilles en éveil… Car le papier convoque la culture et nos sens. Il imprime en nos corps et esprits le projet humaniste de la Renaissance.

Aujourd’hui le papier se cherche un deuxième souffle. L’usine Arjowiggins dans la Sarthe a été liquidée en mars dernier. Elle était « leader européen dans le secteur du papier recyclé haut de gamme grâce à des technologies de pointe » commente la journaliste de France3 pays de Loire venue couvrir l’opération « Sous les bulles, nos papiers ».

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Ce recueil contient des dizaines de dessins en soutien à l’usine de Bressé-sur-Braye en Sarthe, imprimés sur des papiers recyclés et innovants produits sur place.

Ainsi deux de mes dessins, tracés sur papier et mis en couleur sur écran, ont-ils pris la lumière d’une caméra pour s’inviter dans les foyers de la région à la télévision, filmés enfin pour atterrir sur internet… recyclage infernal pour quel bilan carbone?

Jean le triporteur ventripotent

« Vous donnez, Jean redonne » …à force il ventripote, Jean le triporteur, blindé qu’il est de trésors en tous genres qui sont autant de prétextes à la conversation. Au mois de mai à Noisiel en Seine-et-Marne, ce fut le tour de Aimé, un monsieur branché philosophie et pas n’importe laquelle : la philosophie de Kant, d’Emmanuel Kant…

Retrouvez Aimé, ainsi que tous les habitants venus à la rencontre de ce drôle de bolide impavide, sur la page dédiée de l’association La Paume de Terre.

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T’as voulu voir Bozouls

…et je vais voir Bozouls dans le cadre des rencontres Raoul Cabrol les 14, 15 et 16 juin, soit dès demain. Quand le dessinateur Daf (pas le chien, l’autre) m’en a parlé avec dans la voix de forts accents admiratifs et aveyronnais, je me suis dit que ça aurait de la gueule puisque le grand caricaturiste Raoul Cabrol natif de la commune s’y connaissait en matière de gueules. Mais c’est que ça a vraiment l’air mignon comme site, j’ai hâte !Bozouls Cabrol 2019

Raoul Cabrol fut recherché par la Gestapo pour une caricature d’Hitler, réfugié en Aveyron il rallia la résistance. La caricature des fois ça rigole pas, on l’a encore vérifié cette semaine avec l’affaire du New York Times…

 

Les Nouvelles Éditions Place… Saint-Sulpice, vendredi 7 juin 19h.

Aucun « sulpice » n’est prévu vendredi prochain à 19h, beaucoup de plaisir au contraire, sur le stand des Nouvelles Éditions Place (501) au marché de la poésie. Nous nous adonnerons Philippe et moi à des lectures de Fantasmagories à 4 mains et à deux voix… parmi de nombreux gosiers et oreilles à satisfaire : les vôtres peut-être? Merci à Cyrille Zola-Place de nous offrir cette belle occasion. Ce livre lui doit beaucoup.

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37e édition du marché de la poésie du 5 au 9 juin 2019, place Saint-Sulpice dans le 6e à Paris. Entrée libre.

À défaut de vous déplacer ce jour-là, procurez-vous le livre sur agneslanchon.com

États Généraux du Dessin de Presse 2019

logoEGDPForts du succès de la première édition en 2018 à l’Unesco, les EGDP (États Généraux du Dessin de Presse/Cartooning Global Forum) se préparent à la deuxième édition du 2 octobre à la Mairie de Paris. Cette initiative originale, qui s’inscrit dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) 2030 de l’ONU, a pour dessein que les acteurs du dessin de presse élaborent des recommandations à partir de leur expérience de terrain.

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Voici les trois recommandations rédigées à la suite des EGDP 2018 dans le cadre de l’ODD5 sur l’égalité entre les sexes, sachant que les ODD4 (éducation de qualité), ODD10 (inégalités réduites) et ODD16 (paix, justice et institutions efficaces) ont également été pourvues:

  • Favoriser les représentations non genrées et questionner les cultures de genre, par le dessin de presse.
  • Sensibiliser les jeunes publics sur le fait que tous, garçons et filles, sont capables de dessiner des sujets d’actualité et de presse, qu’ils y sont encouragés, et que la société en a besoin.
  • Renforcer la promotion de l’égalité de genres en favorisant des événements avec des intervenants dessinateurs mixtes lors d’événements publics.

À mon échelle de petite fourmi dessinatrice, j’y contribue avec mes interventions pédagogiques (Mairie de Paris, Cartooning for Peace, Bnf-Estienne): en me montrant professionnelle comme dessinatrice en interaction avec les enfants; en représentant de nombreuses femmes dans mes dessins au tableau, ainsi que des personnes peu ou pas genrées; en encourageant les filles à dessiner, mais surtout à s’exprimer aussi fortement que les garçons au sein du groupe…

Enfin à voir sur le site des EGDP, le reportage de l’édition 2018 par la très belle artiste Sandra Wis dont l’humanisme et le talent n’ont d’égal que la longueur des cheveux (blancs comme les miens tel est le secret…).

Le Ridiculosa ne tue pas

couvRidiculosa25 …bien au contraire : Ridiculosa est une revue annuelle pleine de vie concoctée par l’EIRIS (Équipe Interdisciplinaire de Recherche sur l’Image Satirique) avec le concours de l’université de Bretagne. Je tiens mon exemplaire en main, un livre soigné tant dans le choix des illustrations, en couleur, que dans les textes et la maquette. dessinVuilleminIl s’agit du numéro 25 qui rend compte essentiellement de la journée de recherche du 22 mars 2018, à la bibliothèque François Mitterrand, portant sur l’articulation entre image satirique et bande dessinée. Des historiens et spécialistes se sont relayés tout au long de la journée à travers des angles très variés. Voici le dessin qu’en a fait Vuillemin pour l’invitation… le feutre (ou le pinceau) à la main, et les pieds dans le plat: ça fait du bien! Ils se sont lancés avec Yves Frémion dans une discussion endiablée et passionnante à suivre. Nous étions lui et moi les artistes invités à témoigner. Pas d’impro en ce qui me concerne : j’avais bossé mon sujet sous la direction bienveillante de MmontageSatelliteartine Mauvieux,  avec au final Le satellite satirique, ce drôle de dispositif auquel j’ai recouru pour bâtir mon exposé…

Plus d’infos: sommaire, résumés (trilingues!) des articles et bon de commande sur le site de l’EIRIS.